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Aujourd’hui deux billets parce que se réveiller en pleurant c’est dur.
Il disait « Pour faire du théâtre il faut se mettre sur la scène et voir ce qui se passe. »
Ouais.
Salut Michel. C’est si dur de faire rire.
TRIPTIK

Aller faites un effort… regardez vous vous allez adorer.
Qu’on peut allez voir, comme ça, ce mec dans la rue. Celui là, qui est au feu qui attend que ce soit vert. Celui là qu’on trouve beau.
Celui là, on va le voir et on lui dit :
« bonjour » très gentiment, très doucement. Il dit :
« bonjour ». On lui dit :
« je te trouve très mignon » et il répond :
« merci ». On lui dit :
« je t’invite à boire un verre, tu viens ? ». Il dit :
«bien, là c’est un peu juste, j’ai un rendez vous». On ne lui répond pas, on attend. Il dit :
«c’est d’accord». On dit :
"c’est par là ». On s’installe en terrasse, on commande 2 Perriers. On fait des sourires. C’est fou. On ne bande pas. On se retient. On discute. On en apprend de belles, des faits impensables, inimaginables, des bonnes surprises. Il dit :
"je dois y aller" On répond :
«d’accord». On se quitte en se faisant la bise. Cinq minutes plus tard, on reçoit un texto qui dit :
«RAPPEL MOI APRES 20H. Jé PASSé 1 BON MOMENT». On appelle. Il est 20h30. On dit :
«c’est moi» On se donne rendez vous, encore. On se promène dans Paris. On va loin, là ou on est jamais allé, sur les quai, près des péniches. On ne voit pas le temps passer. On parle de sa mère. Il dit :
«j’habite là.» On dit rien. Il dit :
«tu montes boire un verre» et on monte.
Ségur, la comtesse, celle qui s’ennuie, dans sa bourgeoisie écrit des petits livres, des contes pour enfants.
Il était une fois une petite fille qui n’avait qu’un bras. Elle n’avait qu’un bras parce qu’il s ‘était passé un accident quand elle avait 8 mois. Son père, pour s’amuser avec elle, lui a serré la main, comme on sert la main d’une grande personne pour lui dire bonjour, pour la saluer. Il lui a serré la main et il a procédé à un shake-hand comme les anglais. Vous savez bien : pendant 2 à 3 minutes on
se sert la main. Ca la faisait bien rigoler la petite fille.
Ca la faisait bien rire et puis tout à coups ses rires se sont transformés en pleurs parce que son papa a secoué un peu trop fort et l’articulation s’est décroché. Ca faisait mal. Le médecin a dit qu’il fallait réparer , plâtrer et puis attendre. Mais son bras il n’a jamais rebouger. Quelque chose était cassé, le bras étais mort et on a du lui couper le bras proprement. Il parait que le chirurgien à pleurer après l’opération. Amputer un bébé ça doit faire drôle. Le papa, il ne s’en est jamais remis. Il est rentré dans lui même, dans une dépression après l’enterrement du bras dans le jardin. Le bras est enterré dans le jardin dans une boite en fer à coté du cerisier qui donne des cerises aigres qu’on mange sur les tartes au mois de juin. Un jour la petite fille deviendra une adolescente révoltée. Elle cherchera à comprendre. Un jour elle creusera la terre du jardin avec son bras pour retrouver la boite pour voir pour comprendre.
Si la Comtesse de Ségur avait écrit ça, elle aurait été brûlée vive dans une combinaison étanche pleine de souris affamées.
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