Mes references

J'étais assis après une bière, dans un théâtre pour regarder une répétition, un spectacle.

Je n'avais pas compris que ce spectacle était des chansons. des chansons de Léo Férré. Comme d'habitude je n'avais rien écouté à ce qu'on me disait. Ou alors on ne m'a rien expliquer. Léo Férré, c'est beau c'est puissant, poétique. Une petite bonne femme qui chante, qui parle, qui cri, qui égraine les mots tout à tour, un par un, ces mots lourds et poétiques. Ils avancent, les mots, ils avancent.

La poésie, on n'est jamais ridicule quand on lit de la poésie. la poésie c'est l'art abouti, c'est l'aboutissement de l'art. C'est la fin, c'est ce qu'il y a de plus joli. Parce qu'on est pas obligé de le comprendre, parce que on est même pas obliger de l'écouter.

Alors, elle est là, devant son écran blanc, toute haute toute grande, toute pleine de ce spectacle, toute remplie d'émotion, toute grande et toute belle. et on écoute, on poête.

C'est juste une répétition, on applaudit pas.

 

 

M.J. / Léo Ferré

Jeudi 27 mai, à 21h, au Centre français de Berlin, Müllerstrasse 74. Metro Rehberg U6
en français, surtitrés en allemand

Mise en scène: Tatjana Pessoa
Avec: Aliette Gondouin et Benoit Piret

 

J'ai lu mon blog aujourd'hui . J'ai trouvé ça mal mal.

J'ai commencé y'a 5 ans... putain ca fait tout drole.

Je vais continuer.

ouais ouais , je vais continuer. aller jusqu'à 10 ans.

 

Je suis allé voir le film de Sacha Baron Cohen, Brüno, un délire, un coup de fatigue de la curiosité.

C'est l'histoire d'un homosexuel extravagant quarantenaire, présentateur d'une émission de mode en Autriche qui part, suite à une déception professionnel à Los Angeles pour trouver la célébrité internationale.

Il nous explique sa vie ses pratiques professionnelles et sexuelles et le chemin qui suit pour arriver à la gloire.

On assiste donc à une série de séquences, très délirantes ou il explique à la camera comment avec l'aide de son assistant lutz il arrive à ses fins. Il fait des interviews, tente des coups pour faire parler de lui en essayant de tourner un film porno avec un vieux député ou en adoptant son « gayby », comme Madonna, par exemple.

J'ai du mal à réaliser que certaine séance ne soit pas tournée à chaud, en direct, façon reportage « strep tease ». notament la derniere scène sur le Ring ou la réaction du public est tellement réaliste.

C'est très décalé. Il manie sans gène tous les tabous possibles et imaginables. Il met tout sur la table et compose avec. C'est de la provocation pure et dure. Ce qui m'a fait du bien c'est l'emploi à tour de bras de références sexuelles, d'images sexuelles comme chacun de nous peut les vivre au quotidien. Il n'y a pas le filtre de l'autocensure des chaines de TV. On n'est sur une génération ouverte ou tout est accessible.

Le plus formidable est encore la tête des mecs qui sortent de la salle de ciné.

Vous allez détester...

 

 

J’écoute Peter Brook qui parle. Il parle de théâtre, de Shakespeare, du silence, du spectateur après la révélation des mots de l’acteur. J’écoute, je suis attentif. Il explique et développe les sonnets de Shakespeare, sa rencontre avec Becket, ce qu’il ressent en voyant une représentation de « oh les beaux jours » à New York, puis la même à Paris. Tout ce qui compte, ce sont des petits moments ressentis, des moments simples, des petits moments importants éphémères.

Elle dit, celle qui l'interroge, elle dit, merci infiniment, comme on dit sur France Inter. Elle lance des disques, de la musique de jeunes filles sensibles qui crie doucement une mélodie plaintive dans un micro. Avec des violons, des petits bruits de bouche, du silence.

Lui, il parle. Il répond à toutes les questions, lentement en prenant le temps qu’il a besoin pour expliquer chaque détail des arguments de sa réponse. Pourtant elle a l’air simple sa réponse. Elle parait indomptable, mature, nécessaire.

Pendant tout ce temps, ce long temps de l’entretien, j’entends un petit bruit récurrent, qui revient et revient toujours. Comme si Peter Brook jouait avec une bague ou un bracelet en le faisant cogner doucement sur la table de la radio. J’imagine une grande table, large et longue sur laquelle il n’y a que les mains de Peter Brook et de Laure Adler. C’est deux mains qui essaient de se comprendre. Et quelque chose trahit le stress une impatience, une excitation.

Je n’entends plus que ce petit cliquetis.

Dans le Silence.

 

En entrant dans cette salle sombre et étroite ma toute première respiration fut pour l’odeur ambiante. J’avais idée en allant reluquer des hommes écorchés, qu’une une vague odeur de cadavre allait se dégager de l’air ambiant. Il n’en n’était rien ça sentait la poussière, éventuellement, la sueur, les pieds. 

Il s’agit d’observer chaque organe humain disséqué, écartelé et décousu dans tous les sens, par devant par derrière.  Bien sur il y des panneaux, didactiques et argumentés qui nous renseignent de ce qu’on doit voir et par la même de ce que cela n’est pas. Ainsi, est déshabillé un estomac, une vessie, une rotule ou même un poumon de fumeur. Le corps est maltraité dans tout les sens. Les tendons sont décortiqués, les muscles pelés, nettoyés et exposés, la peau est arrachées puis repasser et disposées sous une table de verre. Les jambes, le tronc les bras, la tête sont coupes en fines lamelles, comme un vulgaire jambon blanc.

Et on visite l’intérieur systématiquement,  méthodiquement, avec application et sans pudeur, aucune.

Malgré le dégout permanent et la sensation d’inquiétante étrangeté qui se dégage, le public se presse, se bouscule s’enhardit de curiosité, stagne parfois devant une vitrine ou autour d’un écorché érigé dans une pose originale ou saugrenu. Ainsi pour mieux observer le système neveux central et plus précisément les ligaments dits de « la queue de cheval » situés en bas des reins, l’écorché est assis penché en avant sur une table d’échec, l’air concentré, les mains soutenant le visage, le dos courbé, les jambes légèrement écartées, les fesses installée sur une chaise de circonstance. Le jeu est d’aller en face, faire l’adversaire.

 On s’instruit on se renseigne, on comprend on cherche la petite bête, on essaye de se souvenir des planches anatomiques du collège. C’est très scolaire.

Ce qu’il faut dire, ce qui est le plus important, ce qui est polémique, ce qui ne peut pas être ignoré, ce que l’on ne peut pas oublier tout au long de la visite : c’est que tous ces organes, tous ces corps sont vrais. C’est des cadavres. Certes momifiés, gélifiés, plastifiés à grands recours de techniques modernes et incroyables, mais cadavres tout de même. Et il y en a des dizaines. On pourrait presque les identifier quelques fois. Ils sont gardés en presque état de fonctionner. Il parait, qu’ils viennent d’Asie. Qu’il n’y a que des corps cédés à la science. Pour son bon usage et pour le progrès et l’éclaircissement   des sciences anatomiques.

Alors Bouge bouge, ton anatomie. Et va voir ton anatomie.

http://www.fedbac.tv/film-8275.html

OUR BODY 

ESPACE 12 MADELEINE

 

12, boulevard de la Madeleine - 75009 Paris
Métro : Madeleine
Jusqu'au 10 mai 2009

Je l’ai vu tout de suite en rentrant dans le métro. Je l’ai vu tout de suite et j’ai vu qu’il lisait Choke de Chuck Palahniuk. J’ai vu comment il était concentré. Les yeux concentrés et le visage réactif. A chaque étonnement, amusement, révélation du livre qu’il comprenait, son visage exprimait quelques chose de différent. Ses pommettes, sa mâchoire changeait régulièrement de place. Ses poils de barbes semblaient changer de direction à chaque soubresaut du train. Il était complètement à son livre malgré la cohue et la chaleur qu’engendraient les voyageurs. Absorbé.

Tout à coup, comme pour se libérer de la tension. Il lève les yeux et regarde dans le vague. Il a un regard gris, des cils blancs. Ses cheveux courts ébouriffés laisse apparaître une fatigue, une grosse fatigue, face aux pulsions sexuelles du héros de ce bouquin. Là sur ses genoux.

Il prend une longue inspiration comme pour récupérer l’oxygène. Pour avoir des réserves, du souffles. Il scrute autour de lui cherche un peu de réalité un peu de pudeur. Il respire maintenant très lentement très profondément et retour dedans.

C’est un plongeon canard dans le livre. Il va là, dans les abîmes où il ne pourra plus respirer. Tranquillement, entre les lignes il va se faire déranger. C’est un jeune, c’est un garçon. Il est fasciné et surpris par tant de révélations charnelles. Il est dedans. Je le vois, je le sens.

   
à lire aussi
CHUCK PALAHNIUK A l'estomac. folio Policier.
 

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